Par Me SEBINTU NKINZINGABO Jotham

Image Par Gustave Rwinikiza
Depuis plus de neuf ans, les Banyamulenge sont victimes d'attaques répétées et de massacres. Leurs troupeaux sont pillés et vendus sur des marchés reconnus par l'État, tandis que leurs biens sont détruits ou confisqués.
Pendant ce temps, le Conseil de sécurité des Nations unies demeure silencieux face aux rapports qui lui sont régulièrement soumis. Aux yeux de nombreux observateurs, les grandes puissances semblent davantage préoccupées par les ressources minières de la République démocratique du Congo que par le sort des populations civiles menacées. Certains dénoncent notamment l'absence de mesures concrètes visant à faciliter l'ouverture de corridors humanitaires permettant d'approvisionner Minembwe en produits de première nécessité tels que le sel, le sucre ou l'huile alimentaire.
La valeur des ressources minières ne saurait être placée au-dessus de la vie humaine. Les communautés banyamulenge, tutsi et hema, qui se considèrent abandonnées par leur propre gouvernement, s'interrogent: qui interviendra pour garantir leur sécurité et restaurer la paix ?
Les Banyamulenge estiment également avoir subi d'importants préjudices matériels au cours de ce conflit qui perdure depuis plus de neuf ans. Leurs troupeaux, leurs habitations et d'autres biens ont été pillés ou détruits au cours des affrontements impliquant diverses forces armées.
Selon de nombreux témoignages, les opérations militaires menées dans les Hauts Plateaux de Mitumba ont eu de lourdes conséquences sur les populations civiles. Des habitants affirment que des bombardements ont touché des zones habitées, des pâturages, des activités agricoles ainsi que certaines infrastructures civiles, notamment des établissements scolaires. Ces allégations méritent des enquêtes indépendantes et impartiales afin d'établir les faits et d'identifier les responsabilités éventuelles.
Les populations locales dénoncent également la destruction de cultures, l'abandon forcé des terres agricoles et les pertes considérables subies dans le secteur de l'élevage, principale source de subsistance de nombreuses familles.
Pour les Banyamulenge, ces souffrances résultent d'une politique de marginalisation et d'insécurité qui perdure depuis plusieurs années. Ils regrettent que les médias internationaux accordent peu d'attention à leur situation et que les organisations de défense des droits humains rencontrent de nombreuses difficultés pour accéder aux zones concernées et documenter les événements sur le terrain.
Ils s'interrogent également sur le blocus qui affecterait certaines localités telles que Minembwe et Bijombo et demandent pourquoi la communauté internationale ne prend pas davantage de mesures pour protéger les populations civiles exposées à la violence.
De nombreux Banyamulenge estiment que leurs préoccupations sont insuffisamment prises en compte dans les différents processus de paix organisés à Doha, Washington ou en Suisse. Ils souhaitent que leur situation soit pleinement intégrée aux discussions portant sur l'avenir de la région.
Nous lançons un appel aux dirigeants du monde afin qu'ils prennent conscience du calvaire que traversent les Banyamulenge et qu'ils œuvrent en faveur d'une paix durable, fondée sur la justice, la sécurité et le respect des droits fondamentaux de toutes les communautés.
Malgré les manifestations et les appels lancés par les Banyamulenge, ainsi que par certains Tutsi et Hema de l'Ituri, les réponses de la communauté internationale sont jugées insuffisantes par les populations concernées.
L'histoire jugera ceux qui auront choisi l'indifférence face aux souffrances des populations civiles alors qu'ils disposaient des moyens d'agir pour prévenir les violences et favoriser le retour à la paix.
Nous appelons le Conseil de sécurité, les dirigeants politiques, les organisations internationales, les médias et tous les défenseurs des droits humains à assumer pleinement leurs responsabilités afin que cessent les violences et que les victimes obtiennent vérité, justice et réparation.
Une neutralité qui conduit à l'inaction face aux souffrances humaines risque d'être perçue comme une forme de renoncement moral. C'est pourquoi nous exhortons la communauté internationale à agir avec impartialité, responsabilité et détermination pour protéger toutes les populations civiles affectées par le conflit.
Me SEBINTU NKINZINGABO Jotham
E-mail: sebintujotham@gmail.com
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