Me SEBINTU NKINZINGABO Jotham
E-mail : sebintujotham@gmail.com
Cet article ne cherche pas à découvrir l'inconnu. Il s'attache plutôt à mettre en lumière ce que le monde sait déjà, mais choisit de taire. Car le génocide commis contre les Banyamulenge ne se déroule pas dans l'ombre: il s'exécute sous le regard des Nations Unies, des grandes puissances et des institutions internationales censées prévenir précisément ce type de crime.
Le silence qui l'entoure n'est donc ni une ignorance, ni un accident de l'histoire, mais une défaillance grave et volontaire du système international de protection des peuples. L'Organisation des Nations Unies, créée au lendemain des horreurs du XXe siècle, a inscrit dans sa Charte et dans la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide une obligation claire: prévenir, enquêter et agir.
Or, face aux massacres répétés, aux déplacements forcés, à l'anéantissement progressif des Banyamulenge en tant que groupe identifiable, cette obligation est restée lettre morte. Les condamnations verbales ont remplacé l'action. Les responsabilités ont été diluées dans une diplomatie prudente, souvent cynique.
Ce silence n'est pas neutre. Il encourage les bourreaux, désespère les victimes et banalise l'idée même de génocide. En refusant de qualifier les crimes, en retardant les enquêtes, en fermant les yeux sur les discours de haine et les violences systématiques, la communauté internationale participe, par son inaction, à la perpétuation du crime. Le silence devient alors une forme de complicité morale et politique.
Pour ne pas revenir à la définition du génocide que lui donne la Convention sur la prévention et la répression du crime de génocide de 1948, le monde entier est témoin de ce que presque toutes les tribus de la RDC se liguent pour chasser et exterminer les Banyamulenge au Congo, les accusant d'être au service du Rwanda, qu'ils accusent d'avoir massacré plus de dix millions de Congolais, et inventant ainsi un prétendu "Génocoste", un génocide imaginaire, pour dissimuler le génocide organisé par l'État congolais et celui du Burundi à l'encontre des Banyamulenge.
Les actes constitutifs dudit crime de génocide font couler beaucoup d'encre dans plusieurs presses écrites et sont ipso facto régulièrement reportés aux réseaux sociaux, mais les dirigeants du monde s'en méfient et ceux qui osent dénoncer et combattre ces actes ignominieux sont mis à la liste noire publiée régulièrement dans des rapports de Human Rights Watch ou des experts des Nations Unies.
Même si la qualification de génocide nécessite une enquête approfondie et une analyse juridique pour déterminer si les actes commis répondent aux critères établis par la Convention, nous affirmons de façon éloquente que tous les massacres faits aux Banyamulenge sont bel et bien qualifiés de génocide.
Les gouvernements congolais et burundais, en préparation de défense contre toute accusation de planifier et organiser des attaques contre les Banyamulenge dans l'intention de les exterminer, se servent des jeunes Banyamulenge de la diaspora et leur donnent de l'argent et leur tendent des microphones et caméras pour dénoncer le génocide qui est fait contre leur propre communauté.
Cela n'est pas étrange, on assiste à l'existence de personnes d'origine juive tenant des propos ou adoptant des comportements antisémites. Cela peut provenir de mécanismes d'assimilation, de la volonté de se démarquer, ou de l'adhésion à des stéréotypes culturels, souvent décrits par des historiens comme un "antisémitisme culturel " ou une " haine de soi ".
Ces cas, bien que marginaux, montrent que l'appartenance identitaire n'immunise pas automatiquement contre l'adoption de préjugés dominants.
Nous nous inquiétons de la passivité de la communauté internationale et de l'ONU face aux tragédies dénoncées régulièrement par les Banyamulenge. Plusieurs hypothèses restent à poser, nous croyons que cela est dû à plusieurs facteurs, notamment:
- Le manque d'information et de sensibilisation: la communauté internationale et l'ONU ne sont pas suffisamment informées sur la situation des Banyamulenge, ce qui les empêche de prendre des mesures efficaces.
- Les priorités géopolitiques: les intérêts géopolitiques des pays membres de l'ONU sont beaucoup privilégiés au préjudice des intérêts de leurs citoyens.
- Le manque de pression politique: les Banyamulenge et leurs alliés n'ont pas suffisamment de poids politique pour influencer les décisions de la communauté internationale et de l'ONU.
- La complexité du conflit: les conflits dans la région des Grands Lacs sont souvent complexes et multifacettes, ce qui rend difficile pour la communauté internationale et l'ONU de prendre des mesures efficaces.
Il est important de noter que la passivité de la communauté internationale et de l'ONU a des conséquences graves pour les victimes et leurs familles.
Il est donc crucial de:
- Sensibiliser l'opinion publique et les autorités sur la situation des Banyamulenge.
- Faire pression sur les gouvernements et les organisations internationales pour qu'ils prennent des mesures efficaces pour protéger les Banyamulenge et demander des comptes aux responsables.
- Soutenir les efforts de justice et de réconciliation pour les victimes et leurs familles.
Et ainsi, la justice sera faite.
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