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Pourquoi les forces de la Révolution congolaise de l’Alliance Fleuve Congo (AFC) se sont-elles retirées de la ville d’Uvira?

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Pourquoi les forces de la Révolution congolaise de l’Alliance Fleuve Congo (AFC) se sont-elles retirées de la ville d’Uvira?

Par Me  SEBINTU  NKINZINGABO Jotham

E- mail: pacisamicus86@gmail.com     

Selon la lecture des événements, le retrait de l’Armée Révolutionnaire Congolais serait intervenu sous la pression ou à la suite de manœuvres des grandes puissances. Le M23 aurait ainsi été contraint de se replier à environ 70 kilomètres d’Uvira, afin de ne pas provoquer l’asphyxie d’une ville qui constitue notamment un axe important d’approvisionnement de Bujumbura en carburant.  

Mais les conséquences de ce retrait soulèvent de graves interrogations. Au moment où les forces de l’Armée révolutionnaire du Congo de l’AFC ont quitté Uvira, la ville a été réoccupée par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), aux côtés des groupes Maï-Maï/Wazalendo. Uvira serait ainsi redevenue un point stratégique permettant l’acheminement de renforts, de matériel et de munitions vers les zones de combat. Cette situation conduit à s’interroger sur les véritables motivations qui ont entouré le retrait d’Uvira et, surtout, sur ses conséquences pour les populations des Hauts-Plateaux du Sud-Kivu, notamment les Banyamulenge. Peut-on durablement prétendre rechercher la paix tout en maintenant un dispositif militaire susceptible de contribuer au maintien du blocus et de l’insécurité qui frappent ces populations?

Pourquoi Uvira demeure-t-elle une exception?

Une autre question mérite d’être posée: pourquoi les forces révolutionnaires continuent-elles d’observer l’engagement de ne pas reprendre Uvira alors que, dans d’autres territoires conquis par la révolution, leur présence est présentée comme ayant permis une amélioration de la situation sécuritaire ?

Si l’objectif proclamé est de mettre fin à la guerre et de restaurer durablement la sécurité dans le Sud-Kivu, pourquoi Uvira devrait-elle constituer une exception ?

Cette interrogation est d’autant plus importante que la ville occupe une position stratégique majeure. Son contrôle influence directement les communications, les approvisionnements et les mouvements de forces entre le Sud-Kivu, les Hauts-Plateaux et le Burundi.

Uvira ne devrait-elle pas être soustraite à la logique de guerre ?

Uvira ne devrait pas, dans cette perspective, devenir un bastion durable de groupes armés et de forces étrangères ou irrégulières mobilisés autour d’intérêts politiques particuliers.

Les populations civiles, quelles que soient leur origine ou leur appartenance communautaire, ne devraient pas être les victimes des calculs militaires et géopolitiques des acteurs nationaux ou internationaux.

La question fondamentale demeure donc celle-ci: à qui profite réellement le maintien du statu quo à Uvira, et qui en paie le prix?

Pour les populations des Hauts-Plateaux, notamment celles de Minembwe, le problème est particulièrement préoccupant.

Le maintien de l’insécurité autour d’Uvira est présenté comme l’un des facteurs qui contribuent aux difficultés d’approvisionnement en produits de première nécessité, aux restrictions de circulation et à l’isolement de certaines zones. 

Le blocus qui affecte les populations des Hauts-Plateaux ne peut donc être considéré comme une simple question militaire. Il constitue avant tout une question humanitaire qui exige une réponse urgente.

Une paix véritable ne peut être sélective

Si la révolution congolaise prétend apporter la paix et la sécurité aux populations des territoires qu’elle contrôle, cette promesse devrait également être appréciée à l’aune de la situation des populations d’Uviraet des Hauts-Plateaux.

La paix ne peut être durable si elle repose sur l’isolement d’une partie de la population, sur le maintien de groupes armés ou sur le blocage des voies d’approvisionnement.

La véritable question n’est donc pas seulement de savoir qui contrôle Uvira, mais de déterminer quelle solution permettra de mettre fin durablement aux violences, au blocus et à l’impunité, tout en garantissant la sécurité de toutes les communautés civiles.

C’est à cette condition seulement que le Sud-Kivu pourra espérer sortir du cycle de violence qui le ravage depuis des décennies.

David Banoge

David Banoge

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